L’exploit de Michel Desjoyeaux nous a rapetissé d’un coup le monde à la voile : 84 jours 3 heures pour faire le tour en solo, en monocoque. Si on y retranche les quarante heures dues au faux départ et les quelque 1 700 milles de route supplémentaire dues à la remontée en latitude des portes de glaces, on n’est pas loin des 80 jours en solitaire, en monocoque autour du monde. Il n’y a pas si longtemps, on n’osait pas en rêver en multicoque et en équipage !

Pour les concurrents encore en course, la situation n’est pas enthousiasmante : la dépression qui traîne au large du Portugal génère un flux de NNW qui ne fait pas les affaires de Bilou sur son dériveur pas lesté (à tel point que celui-ci vient juste d’annoncer son abandon. Et m…).


http://www2.wetter3.de/fax.html

Et la suite n’est pas folichonne : voici la situation prévue jeudi.


http://www2.wetter3.de/fax.html

Armel s’achemine doucement vers la place de «dauphin», mais ce ne sera pas dans la facilité : vent fort de secteur NW, mer très forte et température hivernale. Du vent de travers par mer forte et temps froid : probablement l’allure la plus pénible sur ces engins de torture…

Plus loin, Samantha Davies aimerait bien se débarrasser de Marc Guillemot, qui remonte l’alizé à grande vitesse. Elle a donc choisi une route plus directe, mais aussi plus lente. Résultat des courses vers le 5 : c’est la position de l’anticyclone des Açores qui jugera l’affaire.

Sam s’est aussi probablement fixée un autre challenge plus privé : arriver en tête des concurrents britanniques…


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La photo, la photo !

Suite à la chronique du 1er décembre 2008, voici le résultat du concours «cékisurlafoto»…

Cette image a été prise peu avant le départ du Tour de l’Europe 1985 : des régates acharnées faisant escale dans des endroits merveilleux où Gérard Petipas réussissait à convaincre l’Europe entière que notre bande de traîne-pontons méritait un accueil de personnalités de haut rang.

Rangée supérieure de gauche à droite :
Philippe Jeantot (le skipper), François Girod (Le Toubib), Roland Jourdain (déjà Bilou), Vianney Ancelin (futur Outils Océans), Jean-Yves Bernot (à cette époque La Science).

Rangée inférieure de gauche à droite :
Mich’ Desjoyeaux (encore surnommé P’tit Desj’ à cette époque), Alain Collet (La Grande). La tignasse qui se cache : Fred Leclerc (dit Fredo).

Photographe : Laurence Cornu.

A l’étape de Lorient, nous avions embarqué en renfort un grand gaillard, au crâne déjà dégarni, surnommé Zorro : Denis Horeau, maintenant directeur du Vendée Globe.

On vous le dit, le monde est petit.

PS : Si on l’a gagné ce Tour de l’Europe ? Je veux… avec un équipage pareil !