On ne va pas se raconter d’histoires : les conditions météo semblent claires jusqu’à l’arrivée, à défaut d’être faciles. Foncia est maintenant dans le flux d’Ouest qui nous tanne depuis plusieurs jours. C’est du grand chic-saison d’hiver : ça se porte court pour ce qui est de la voilure, et plutôt engoncé au niveau du ciré.


http://weather.noaa.gov/fax/marsh.shtml

SW 30 kt aujourd’hui amené par L1 puis, demain, passage de front froid qui, comme toujours, demande de l’attention : rafales, grains et bascule rapide à l’WNW permettant de faire route vers la maison dans une traîne active.

Enfin presque jusqu’à la maison…
La dépression L1, trop pressée, ira se faire voir chez les Ecossais, on aura alors droit à la dorsale accompagnée de son beau temps temporaire suivie d’un dernier tour de manège à l’approche de L2.
Situation prévue par le service météorologique allemand, samedi 31 janvier : http://www2.wetter3.de/fax.html


Et dimanche pour finir ?

On change de cavalière : vent d’Est vers l’arrivée. La dépression L2 fait route vers le Portugal, où elle va rester quelques jours (situation rêvée pour aller aux Antilles, ne manquez pas le train les convoyeurs…). Un peu de près pour finir : franchement fallait pas, c’est trop gentil…


   
Situation prévue par le service météorologique allemand, dimanche 1er février : http://www2.wetter3.de/fax.html

Bilou va s’extraire graduellement de l’anticyclone au voisinage des Açores (voir la carte du 28 janvier) avant d’entrer dans le domaine de L2 avec deux jours d’écart : vent fort de secteur Ouest vers les Açores, puis il faudra composer avec le vent de NE  vers l’arrivée.

Voilà pour la stratégie générale.
Elle est simple et ce n’est pas là que ça se passe. C’est dans les têtes.

Michel Desjoyeaux se rassure par les chiffres : son avance sur Jourdain correspond à environ 50 % du trajet restant à parcourir. «Un rapide calcul montre que» même en y allant gentiment, ça devrait le faire. Sauf… Sauf si avaries, conteneurs en embuscade entre deux eaux, voiles qui se déchirent… La petite musique douloureuse du doute qui taraude. Et les souvenirs, les bons, ceux qui aident : souvenirs d’arrivées victorieuses, de la préparation méticuleuse, des vérifications récentes sans alarmes.

Il y a les autres souvenirs, ceux qu’on n’attendait plus : les régates perdues d’un rien, d’une bastaque qui se lâche, d’une dérive qui fout le camp.

Et puis, les bons souvenirs, encore qui reviennent : l’arrivée ici aux Sables en vainqueur, il y a huit ans… Comment gère-t-on ça à bord, alors qu’à terre nous sommes déjà en transe pour une arrivée prévue le 1er février ? Mich’, calmement, s’en tient à sa stratégie et son sens marin : aller vite juste ce qu’il faut pour contenir la meute en préservant le matériel dans le temps tout juste maniable. Ce Vendée, superbe de stratégies subtiles, se termine en course de pilotage.

Profitez bien de ces dernières nuits en mer, les gars. Bientôt, l’emblondie d’un phare vous dira la terre. Trop tard. Il faudra y aller…