La bande des dix

Dans le Sud, la bande des dix mène le bal. On y trouve de tout :
- JP «le véto» (Jean-Pierre Dick), qui a dû retrouver la recette du lion à l’armoricaine. Il attaque.
- Les «Portlafs canal historique» : Mich’, Bilou, Le Cam. Ils sont tombés dans la marmite étant petits.
- Les «Portlafs version 2.0» : Vincent «le Terrible», Jojo, Armel et Yann. Même modèle que les précédents, avec l’électricité.
- Marc Guillemot, que l’on peut classer dans les «Portlafs périphériques». Pensez donc, il habite à plus d’une demi-heure de voiture de Port-La Forêt.
- Et, bien sûr, «Michel Doré», l’Anglais de service, tapi dans l’ombre, prêt à bondir.

Côté matériel, la diversité est de mise :
- Quatre plans Farr, plus ou moins modifiés à la sauce Bretagne Sud : Dick, Desjoyeaux, Riou et Josse. Des «Farr bretons» en quelque sorte…
- Deux Finot-Conq : Eliès et Le Cléac’h. Le cabinet Finot-Conq a gagné tous les Vendée Globe, sauf le premier.
- Deux plans Lombard constamment améliorés et remis au goût du jour : Le Cam et Jourdain. Le plan Lombard vieillit bien : ces bateaux, mis à l’eau pour l’édition précédente, sont toujours aux avant-postes.
- Un Verdier, Safran. Guilaume, qui bosse avec les rois du multis Van Peteghem/Lauriot-Prévost, est considéré comme le jeune architecte qui monte. En fait, il a fait ses premières armes dans le cabinet Finot et son expérience des Open 60 est déjà grande.
- Un plan Owen-Clark (Ecover 3), architectes des bateaux de Golding lors des dernières éditions du Vendée.
Chacun des bateaux a été mis au point avec ferveur et intelligence. Les solutions techniques retenues sont souvent inventives et les performances sont proches. On appelle ça une «classe Open arrivée à maturité».

Côté moral, les durs continuent à mettre de la pression.

Derrière, on tente de suivre. Il y a quelques jours, on se disait que l’on était prêt à concéder 100 milles au leader sans s’affoler. Maintenant, on se dit que, finalement, 200 milles, ce n’est pas si grave. Attention quand même : à partir de 300 milles, on risque de ne plus être dans le même système météo que les premiers, et là, on ne se raconte plus la même histoire.
Pour les meneurs, il s’agit de bien enfoncer le clou en attendant le mauvais temps prévu pour le début de semaine. On pourra alors se la jouer souple en espérant que les poursuivants, agacés par le retard pris, se poussent à la faute. En course, un mal fait n’est jamais perdu…

Vagues : quelques données à connaître

Cette semaine va être difficile : une série de dépressions australes puissantes vont balayer la flotte.


http://www.bom.gov.au/cgi-bin/nmoc/latest.pl?IDCODE=IDX0033

L2, L3 et L4 sont au menu des prochains jours.
La mer va devenir pénible. Voici l’état de la mer mercredi prochain :


https://www.fnmoc.navy.mil/public

Les flèches indiquent la direction des vagues et les lignes concentriques indiquent les hauteurs (échelle à droite en pieds). Le noyau rouge représente des vagues moyennes de 30 pieds (10 mètres). Méfiance.

L’animation ci-dessous (construite avec Maxsea) illustre le problème : la route prévue pour les cinq prochains jours (en tenant compte des portes) traverse des zones de vent de Nord-Ouest à Ouest, 35 à 45 kts (rajoutez 20 % environ aux sorties de modèle).

La hauteur des vagues est représentée par les zones de couleur (échelle en bas à gauche, en mètres). Jaune : 5 mètres de vagues moyennes ; orange : 7 mètres ; bistre : 8-9 mètres.

La route optimale joue avec le feu en serrant de près les noyaux de mer forte. Elle devra être dégradée pour ne pas mettre bateau et équipage en difficulté. Jusqu’où ne pas aller ? Prudence les gars, les filles…
 

Description de l’état de la mer

Quelques données sur l’état de la mer. La description de l’état de la mer correspond à la superposition des «vagues» créées sur place par le vent et de la «houle» formée au loin et qui se déplace en-dehors de son aire de génération. L’état de la mer est fonction de la force du vent et du fetch (durée d’action du vent et distance sur lequel il souffle). Quand le vent souffle, la hauteur des vagues croît assez vite, puis devient quasiment stationnaire au bout d’un certain temps. On dit que la mer est levée.

Pour caractériser l’état de la mer, on se réfère aux théories sur les mouvements ondulatoires. Une ondulation régulière se caractérise par des grandeurs simples :

Malheureusement, l’état de mer ne pouvant pas se résoudre à une ondulation simple, on le caractérise par la notion de «vague significative» qui est en quelque sorte l’ondulation simple «équivalente» à la mer réelle. La plupart des services météorologiques utilisent «H 1/3» définie ainsi : H 1/3 est la moyenne du tiers des vagues les plus hautes.

H 1/3, malgré sa complexité apparente, est un bon indicateur de l’état moyen de la mer tel que ressenti sur un bateau par un observateur. Bien sûr, il y aura des vagues plus importantes que H 1/3.

La moyenne des «grosses vagues» telles que les ressent un observateur est représentée par H 1/10 (moyenne du dixième des plus grandes vagues) qui vaut environ 1,27 fois H 1/3. On en rencontrera certainement : dans une mer prévue H 1/3 de 8 mètres (mer moyenne), les grosses vagues feront 10 mètres. Il y aura aussi des vagues encore plus hautes, heureusement plus rares.

Vous trouverez des cartes d’état de la mer sur l’Océan mondial en allant sur : https://www.fnmoc.navy.mil/ww3_cgi/index.html (notez bien https, « s » comme sécurisé, c’est un site de l’armée américaine).