Les portes claquent dans l’Atlantique Sud !
Josse et Eliès se sont débarrassés rapidement de la corvée, en traversant la porte Atlantique de façon à se positionner pour la première dépression australe qui va cueillir la flotte le 4 et le 5 décembre.
La bande des quatre (Dick, Peyron, Le Cam et Jourdain) s’est résolue au service minimum en venant effleurer la porte avant de redescendre dans le Sud.
Résultat : Dick et Peyron se sont rapprochés des leaders au classement, mais leur placement plus Nord les rend vulnérables.

Et la suite ? Eh bien, on dirait le Sud. On se tord le cou à regarder dans le rétroviseur ce qui se pointe derrière : dépressions et concurrents ligués pour gâcher le voyage.


Carte du service météorologique sud-africain : http://www.weathersa.co.za/Imagery/SeaLevelMap.jsp

La dépression L2 sera au menu de ce soir. Elle est suivie d’une petite dorsale avec vent plus calme, puis la dépression L3 qui se déplace rapidement vers le SE malmènera la flotte samedi.
On surfe devant L2 le plus longtemps possible : vent de NW 30-40 kts, ciel couvert avec précipitations possibles, puis passage du front.

Quelques nouvelles du front
L’arrivée d’un front froid est une nouvelle à prendre au sérieux. La variation rapide des paramètres météo va pousser à prendre des décisions stratégiques tranchées et peut amener des phénomènes brutaux. Un front froid est par définition une limite entre deux masses d’air, l’air froid étant derrière la limite. Ils se caractérisent par une variation rapide de la plupart des paramètres météorologiques :
• baisse de température importante ;
• rotation du vent du NW au SW dans l’hémisphère Sud (du SW au NW chez nous) ;
• passage de grains ;
• baisse de l’humidité et de la température du point de rosée ;
• changement de la couverture nuageuse ;
• une petite averse de neige n’est pas à exclure.

Les fronts froids les plus sévères seront associés à des grains importants amenant des rafales dépassant 50 kts, des averses intenses réduisant la visibilité à quelques centaines de mètres et des rotations brutales et importantes du vent. A prendre au sérieux, donc.
Le problème pour les navigateurs est d’anticiper l’activité des grains : 30 kts rafales 40 kts, ça se gère ; 30 kts rafales 50 kts, méfiance, l’arnaque n’est pas loin.

La traîne maintenant.
On appelle ainsi l’air froid qui succède au front froid. Chez nous, c’est le NW tonique qui colore la mer en blanc et vert jade. On l’appelle «gwalarn» en Bretagne et il rend les gens heureux. Dans le Sud où l’on navigue la tête en bas, le vent dans la traîne souffle de SW.
La traîne se caractérise par un temps à grains et du vent instable avec rafales. Le ciel est clair, parsemé de cumulus ou de cumulo-nimbus, la visibilité excellente en dehors des grains, et la pression remonte. L’air est frais et tonique. On y fait des navigations mémorables. Ne pas oublier de tenir compte des rafales qui peuvent augmenter la vitesse du vent de 50 %, voire plus dans les grains.

Et une autre, une vraie
La traîne sera suivie, vendredi 5, de l’inévitable dorsale accompagnée de vent d’Ouest temporairement faible à modéré, qui offre un peu de répit ou donne aux plus râleurs l’occasion de montrer tous leurs talents (j’ai les noms…).

Samedi, la dépression L3 qui a pris son élan depuis le large de l’Argentine va mettre tout le monde en condition : vent 40 à 50 kts et trajectoire délicate à gérer.

Cette série de dépressions australes va probablement donner lieu aux premières escarmouches sérieuses dans le vent fort : jusqu’ici, les gros bras ont laissé les jeunes talents s’exprimer, ce qu’ils ont fait avec brio. Certains doivent se dire qu’il est temps de tester la hiérarchie réelle et que le plus tôt sera le mieux. Le retour de Michel Desjoyeaux dans le paquet de tête ne va pas calmer les esprits…