Skip to Content

Monthly Archives: novembre 2008

5. L’accordéon de Sainte-Hélène

Par

L’anticyclone de Sainte-Hélène prend ses aises au milieu de l’Atlantique Sud.


(http://www.hpc.ncep.noaa.gov/international/day1-5.shtml)

Pour les navigateurs du Vendée, la frustration guette : rien d’autre à faire que de descendre plus ou moins rapidement vers le Sud à la rencontre des dépressions australes. Navigation entre bon plein et vent de travers, dans une mer formée. On investit vers le Sud, en y mettant un peu d’Est (c’est quand même par là que l’on va), mais pas trop pour ne pas ralentir en serrant le vent.

Voilà ce que cela donne à 04h00 UTC le 27 novembre :

Peyron emmène le groupe de tête sur une route au 175 environ. Le Cam s’est décalé vers l’Est, espérant «couper le fromage». Le groupe de chasse emmené par Guillemot suit les leaders.
Bien sûr, faire avancer la machine dans ces conditions demande des efforts et de l’attention. Néanmoins, la routine s’installe et on pourrait s’ennuyer. Alors, que faire ? Vous trouverez sur les sites des concurrents la version officielle. Je vais vous révéler la version officieuse. Quand les navigateurs (trices) solitaires s’ennuient au large, ils (elles)… routent les autres concurrents. C’est-à-dire que connaissant, la position des petits camarades et les prévisions météo à moyen terme, on essaie de savoir s’ils sont supposés se rapprocher ou non. En gros, on cherche à savoir dans quel sens fonctionne l’accordéon : contraction ou étirement.


(http://smiley.smileycentral.com/download/index.jhtml?partner=ZNxpt439&affiliate=96391)

Ce petit jeu, qui fait passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à chaque report de positions, n’est pas complètement vain : il permet d’évaluer la dangerosité de l’option d’un concurrent et d’en déduire s’il faut le marquer ou non.

L’animation qui suit montre le résultat pour les prochains six jours :
- si la situation météo est celle qui est prévue par le modèle ;
- si les bateaux ont des performances équivalentes ;
- si le diable ne s’en mêle pas

La situation de départ est décrite par la carte donnée plus haut.
Les écarts :

                                        Ecart                    Couleur
Peyron                               -                           Bleu
Le Cam                           65 M                      Rose
Wavre                           247 M                       Noir
Desjoyeaux                  386 M                       Vert
 

L’animation montre que la meute n’a guère de choix : faire du Sud. Peyron bute dans une zone de vent variable le 28 qui devrait permettre aux poursuivants de se rapprocher.

Le 29, stress pour les meneurs ; l’anticyclone attaque.


Situation prévue le 30 à 11h00 UTC, affichée dans Maxsea.

Pas de panique, «on respire par le ventre, on pense à quelque chose de bleu». On laisse tomber la stratégie à long terme, et on joue court : sortir le plus rapidement possible de l’anticyclone et de ses calmes. Premier sorti, premier servi.


Situation prévue le 31 à 11h00 UTC, affichée dans Maxsea.

L’affaire devrait profiter en partie à Le Cam (rose) et Wavre (noir) qui gagnerait une vingtaine de milles sur Loïc. Pour Mich’Desj’ (vert), c’est un peu plus difficile : il ralentit dans l’anticyclone, mais devrait profiter le premier de la dépression qui se creuse au large du Brésil le 1er décembre.
Une fois le vent revenu, il faudra encore savoir se montrer patient avant de tourner à gauche vers la porte de l’Atlantique Sud : un peu de Sud-Est pour être certain de crocher les «braves vents d’Ouest», puis route vers l’Est. On sera entré dans le vif du sujet : l’océan Austral et ses dépressions.


Situation prévue le 2 à 06h00 UTC, affichée dans Maxsea.
 

4. Hémisphère Sud : bilan et perspectives

Par

Bilan de la traversée du pot au noir

Le pot au noir n’a pas été trop agressif : les meneurs n’ont sérieusement ralenti que pendant quelques heures et le groupe de poursuivants (Roxy, Temenos, Pindar) est passé comme une fleur.
Voici le pot au noir vu en infrarouge le 19 novembre, au passage des leaders : les nuages à forte extension verticale, donc au sommet froid, y sont clairement visibles.

Le même le 21 novembre, au passage du groupe de chasse : pot au noir peu actif.

Les placements Est-Ouest ont eu de l’influence : Jourdain et Golding, les plus à à l’Ouest de la flotte, ont vu leur retard sur les leaders réduits de moitié.
 
                                   Longitude            19/11                 22/11
                                   passage              03h00               05h00

Peyron                        26°30 W                 -                        -
Dick                            27°11 W              47 milles           36 milles
Jourdain                    28°18 W            164 milles          77,5 milles

L’alizé d’Atlantique Sud et l’anticyclone de Sainte-Hélène

Au Sud du pot au noir règne l’alizé d’Atlantique Sud, qui sonne un peu comme vacances bien méritées après l’effort. Il s’annonce par l’apparition de la houle de SE, prémisse d’une navigation gentiment ennuyeuse : petit-largue dans du vent de SE 15-20 kts, agrémenté de quelques grains avec mer formée 2 à 3 mètres. Navigation de sanglier où les bateaux les plus puissants espèrent briller : Pindar, mené par Brian Thompson et qui a récupéré de ses ennuis de voilure, devrait montrer s’il est vraiment l’épouvantail redouté par les coureurs français.
L’alizé de Sud-Est s’infléchit vers l’Est au fur et à mesure de la descente vers le Sud, en forcissant, et l’on fait souvent de belles moyennes dans des conditions agréables au large du Brésil. Au Sud des alizés se tient l’anticyclone de Sainte-Hélène, qui sonne plutôt comme ennui maximum – et on reste poli…

Sur les photos satellitaires, l’alizé est ponctué de nuages actiniformes (en forme d’étoile) caractéristiques. Voilà l’aspect du chantier avant démolition :

Une photo sat’ du 23 novembre à 12h00 UTC (http://www.sat.dundee.ac.uk/ on ne s’en lasse pas).
Vous y repérez :
- La zone d’alizé.
- La zone agitée des quarantièmes et des dépressions australes.
- Une bande nuageuse orientée NW- SE que l’on trouve très souvent dans la région. On l’appelle le «front froid semi-permanent d’Atlantique Sud».
- Le système de l’anticyclone de Sainte-Hélène, souvent complexe. L’anticyclone est constitué d’une cellule principale qui interfère avec diverses cellules secondaires.

 
La carte d’analyse de l’armée brésilienne :
(https://www.mar.mil.br/dhn/chm/meteo/indexing.htm )

Et un champ de vent ECMWF affiché sur Maxsea :

Sainte-Hélène et stratégie

Un tour du monde peut se perdre ici : une option douteuse ou un manque de chance peuvent faire perdre deux jours en quelques heures. L’anticyclone de Sainte-Hélène est l’équivalent, dans l’Atlantique Sud, de l’anticyclone des Açores. Il fait partie de la grande famille des anticyclones subtropicaux. Le problème est le suivant : comment ne pas se faire prendre dans ses calmes en évitant de faire le grand tour, très long, par la côte brésilienne ?
Le problème est compliqué par le fait que la prévision fiable à 6 jours ne couvre pas toute la traversée de l’Atlantique Sud, qui dure une dizaine de jours.
L’arsenal complet des cartes météo, fichiers Grib et photos satellitaires ne sera pas de trop pour se sortir du traquenard. On a en gros trois scénarios possibles :

Scénario 1 : l’anticyclone est têtu et barre la route. Pas le choix, il va falloir traverser la zone sans vent, route plein Sud, pour atteindre la voie expresse des dépressions australes.

Scénario 2 : l’anticyclone est coupé en deux cellules et une dépression se forme au large de l’Amérique du Sud à la limite entre les deux HP. Après une journée ou deux de sur-place et de creusement, la dépression se déplace vers le SE. Bingo : on saute dans le train de la dépression et on fait route le plus longtemps possible en sa brutale compagnie.

Scénario 3 : l’anticyclone s’étale honteusement dans l’Atlantique Sud, mais il est localement affaibli par un front froid lié à une dépression australe. Il ne reste plus qu’à se faufiler dans la faille ainsi créée pour tenter de gagner vers le Sud sans se faire prendre dans les calmes. L’affaire demande du doigté. Si ça marche, on colle trois jours aux poursuivants. Si ça échoue, il va falloir pagayer.

Et, bien évidemment, tout cela varie de jour en jour : ce qui est vrai pour un groupe de coureurs ne l’est pas pour un autre. Donc, je serais vous, je laisserais tomber la télévision (c’est toujours une bonne idée, de toute façon) et je regarderais de près ce qui se passe en Atlantique Sud dans les prochains jours : ça va distribuer…
 

 

3. A nous, maintenant !

Par

Comme je vous l’ai proposé hier, à nous de faire. On va jouer au navigateur.

Voici la situation vue au moyen des outils dont les coureurs disposent à bord :
• Une analyse de surface permettant de visualiser la situation générale (http://weather.noaa.gov/pub/fax/PYEA11.gif )

• Une photo vue par les satellite géostationnaire MSG2 récupérée (http://www.sat.dundee.ac.uk/) et travaillée à bord.

1. Le triangle africain sans vent.
2. La partie active du pot au noir.
3. Les alizés d’Atlantique Sud.
4. Les alizés d’Atlantique Nord.
5. La position de la flotte.

• Un champ de vent observé par le diffusiomètre du satellite Quikscat (http://manati.orbit.nesdis.noaa.gov/quikscat/ )

C’est une donnée précieuse que l’on va corréler à la précédente pour tenter de repérer, sur la photo sat’, les zones de calmes à éviter.

• Des observations en temps réel disponibles sur :
  http://www.ndbc.noaa.gov/maps/tropical_atlantic.shtml

• Des champs de vents prévus par le modèle européen (ECMWF), superposés à la photo satellite en infrarouge, affichée par uGrib (version pro) : http://www.grib.us/

• Et puis, bien sûr les logiciels de routage que l’on laisse tomber dans cette zone, les prévisions n’étant pas fiables. On route jusqu’à l’entrée du diabolo, puis on s’y remet à la sortie. On travaille «à la main» dans l’intervalle. Nous en reparlerons.

Vous savez tout, à vous de jouer maintenant !
On se retrouve à la sortie du pot au noir : «Hémisphère Sud, bilan et perspectives»…
 

2. Le diabolo et le triangle africain

Par

Le Pot au noir, on n’y échappe pas

Le pot au noir des marins, appelé Zone InterTropicale de Convergence (ZITC) par les météorologues, ou FIT (Front InterTropical) par les aviateurs, marque la convergence entre les alizés de l’hémisphère Nord et ceux de l’hémisphère Sud, tout autour du globe.
Sur les zones océaniques, il suit le rythme des saisons, avec deux mois de retard : de sa position la plus Nord en août (vers 15-20° N en Atlantique), il dérive vers sa position la plus Sud en février (vers 001° S en Atlantique Nord). En novembre, le pot au noir est situé vers 007-008° N sur l’Atlantique.

(http://www.nrlmry.navy.mil/sat-bin/global.cgi )

Anticiper l’imprévisible.

Le pot au noir se caractérise par :
- de puissants nuages à forte extension verticale donnant de fortes précipitations ;
- des vents variables suivi de zones de calmes épuisants ;
- un minimum de pression (1011 hPa) très étendu en latitude, ce qui ne permet pas d’utiliser cette information pour positionner le passage.
Dans la traversée de ce passage, le vent sera variable en force et direction, entre 0 et 40 kts et du Nord au Sud en passant par l’Est et l’Ouest. Les modèles météo ne peuvent guère faire mieux que de prévoir la position de la zone pénible, mais sont inappropriés pour en prévoir les détails. Bien évidemment, tout cela se modifie de jour en jour, voire d’heure en heure…
On peut dire que prévoir les détails du vent et des nuages dans le pot au noir, c’est comme essayer de prévoir où vont se former les bulles dans une casserole d’eau bouillante. Le pot au noir peut se schématiser ainsi :

Il est large côté africain (le triangle africain sans vent). La zone la plus étroite se situe souvent à cette saison entre 25° W et 30° W. C’est le diabolo. Le même en couleur :

A l’Est, un peu mais pas trop, et un peu Ouest quand même…

Stratégiquement, c’est un casse-tête : on cherche à se positionner dans le diabolo, là où le pot au noir est le moins large. Mais en rester là serait trop simple :
- sachant que l’on attend du vent de SE à la sortie du pot au noir, on cherchera à se positionner dans l’Est du diabolo pour naviguer plus abattu, donc plus rapide à la sortie du pot au noir.
- on est alors proche du triangle africain sans vent, et on peut y rester engluer un bon moment.
- dans l’Ouest de la zone de passage, le passage sera plus facile, mais on risque de naviguer à une allure bien serrée dans l’alizé d’Atlantique Sud.
C’est le genre de zones où il est déraisonnable d’espérer faire des gains : un bon statu quo dans le classement est déjà un résultat flatteur.

La répartition des routes le 19 novembre, juste avant le ralentissement de la flotte, illustre les choix stratégiques :

Peyron tente de «couper le fromage» vers 26°30 W, tablant sur un triangle africain situé dans une position plutôt Est. Armel Le Cléac’h (45 milles derrière) prend un peu de marge vers 27° W et «Bilou» Jourdain (137 milles de retard) tente une option plus Ouest vers 28°30 W, pariant sur du vent plus stable. Notez la route de Jean Le Cam, obligé de se recentrer au prix de nombreux empannages. Son avarie de pilote n’arrangera pas les choses.
Vers 15h00, le 19 novembre, situation figée : vitesses 2-3 kts.
Les 20 et 21 novembre, le pot au noir n’est pas trop agressif, les vitesses restent de l’ordre de 5-8 kts pour les premiers.

Le 21 novembre, c’est «Bilou» qui fait la bonne affaire, son retard sur Peyron diminuant de moitié (67 milles). Il reste à voir ce que cela donnera après le pot au noir, dans l’alizé d’Atlantique Sud, lorsque les coureurs navigueront au largue serré.

Demain, nous jouerons au navigateur. Nous essaierons de faire les bons choix afin de nous positionner au mieux…
 

1. Stratégie : entre deux… mots, il faut choisir le moindre

Par

La stratégie, c’est simple comme quelques mots bien sentis : envolée vers le front froid, traîne, coin, aile de mouette, investir dans l’Ouest, p… d’îles, diabolo, triangle africain… Ces mantras font référence à des problèmes stratégiques que les navigateurs connaissent par cœur, explorent ou craignent.


Front froid et traîne

La situation de départ du Vendée Globe, du 9 novembre au 10 novembre, ne pousse pas à l’optimisme : front froid sur le golfe de Gascogne qui progresse rapidement vers l’Ouest. Il est actif et il n’y a pas d’autre choix que de faire une route plein Ouest avant de le traverser, le 10 novembre dans la soirée.


(vent mesuré par satellite le 10 novembre vers 19h00 UTC – http://manati.orbit.nesdis.noaa.gov/quikscat)

La bascule derrière le front est sauvage, prenant même quelques solitaires à contre-pied. Le matossage au vent de la petite tonne de matériel, une fois le bateau couché sur l’autre amure, rappelle que la voile n’est pas toujours un sport d’intellectuel !
Le 11 novembre, pas d’armistice : les questions stratégiques deviennent plus subtiles dans la traîne (l’air froid qui suit le front froid). Deux options concurrentes :
- abattre sous la route dans le vent de NW pour privilégier la vitesse en espérant que la bascule à droite sera suffisante pour passer le cap Finisterre dans de bonnes conditions (voir Peyron) ;
- se caler sur la route directe pour ne pas s’approcher du cap Finisterre (voir JP Dick).

Le coin du cap Finisterre

L’approche du cap Finisterre pimente un peu l’action : par vent de NW, la présence des reliefs importants se traduit par «un effet de coin» avec vent plus faible dans une zone de 20 milles autour du Cap.

Résultat des courses le 11 au matin : beaucoup de prise de tête pour rien. Dick mène de 2 milles devant Peyron. Alors, on continue…

L’anticyclone et l’aile de mouette

Prochain problème et non des moindres, l’anticyclone qui rôde au large de la péninsule Ibérique. Lui, on le tient à l’œil.
Le problème stratégique se pose ainsi :
- on ne veut pas se faire prendre dans les calmes de la zone centrale sans vent ;
- on veut éviter de faire «le tour de la paroisse» sur une route longue et plein vent arrière.
Donc :
- on attaque l’anticyclone tribord amures, avec du vent de Nord, sur un angle un peu plus rapide que le meilleur VMG à la descente. On pousse vers l’anticyclone aussi loin qu’on l’ose sans se faire prendre dans le petit temps ;
- on approche le centre de l’anticyclone auquel est liée une bascule du Nord-Est à l’Est. Il va falloir effectuer un empannage «bien pensé» ;

- on sort de l’anticyclone bâbord amures dans du vent d’Est, forcissant au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’anticyclone.
Si tout se passe bien, on a joué astucieusement la bascule de NNE à ENE. Si tout se passe mal, on reste planté dans les calmes.

Application le 13 novembre :

Les audacieux menés par Riou et Dick ont investi dans l’Ouest, les pondérés (Peyron) se sont montrés un peu plus prudents et les timides, comme Guillemot, se méfient de l’anticyclone. Avantage léger au groupe de l’Ouest et du centre.


Investir dans l’Ouest

Bon, il serait quand même un peu temps de parler de stratégie au large. Jusqu’ici, les navigateurs ont joué à court terme (un à deux jours). Maintenant, on joue long : quatre jours à une semaine.
Si la situation météo ressemble à la situation moyenne (ce qui est le cas cette année), il va falloir gérer correctement la bascule de NE à ENE dans le flux d’alizé, au Sud de l’anticyclone. Stratégie : investir dans l’Ouest au début pour ne pas avoir à revenir vent arrière dans du vent mollissant à hauteur des îles du Cap-Vert.

Voilà pour la théorie.
Et voici pour les doutes :
- et si les bateaux dans l’Est ont plus de vent le long de la côte africaine, au voisinage des Canaries, comme c’est souvent le cas ?
- et si les bateaux à la côte bénéficient d’une franche bascule au Nord qui leur permet de revenir dans l’Ouest sans rien payer ?
- et si l’anticyclone se déplace traîtreusement vers l’Est ralentissant les investisseurs de l’Ouest ?

La répartition de la flotte le 14 novembre montre bien les hésitations de chacun :

Riou et Le Cléac’h, dans l’Ouest, espèrent que Peyron et Le Cam devront empanner pour venir les rejoindre plus tard, perdant ainsi de leur superbe. En attendant, ce groupe du centre va bien vite…

Les îles

Une fois dans les alizés, au Sud de l’anticyclone, c’est presque les vacances – enfin, aux grains près – et les îles…
La principale différence entre course et croisière est que, en course, il y a toujours une île et son dévent qui se tiennent sur la route pour semer la pagaille, quel que soit le parcours, quelle que soit la partie du monde. En croisière, c’est le contraire : lorsque l’on veut atteindre une île, le vent nous en éloigne systématiquement. Il faut batailler au près ou dans les calmes pour s’en approcher et éventuellement l’atteindre.   
On se donne comme règle que le dévent d’une île s’étale sur environ 30 fois la hauteur de l’île, ce qui donne une distance de sécurité de 60 à 80 milles ; dans le cas d’un groupement d’îles, il faut être encore plus généreux.
Le Vendée  Globe n’échappe pas à la règle. Et ça festonne autour de Madère (Jean Le Cam), ça s’englue sous le vent des Canaries (Marc Guillemot, qui l’a payé cher) et ça tricote dans l’archipel du Cap-Vert (Le Cam, encore, et Josse).

Les partisans de l’Option Ouest citent, comme un avantage certain, l’éloignement des îles et de leur dévent qui, en solitaire, imposent manœuvres et stress.

Et la suite ?
Les concurrents vont entrer dans le domaine diabolique du triangle africain et du diabolo…